Des chercheurs et médecins du Massachusetts General Hospital de Boston ont développé une petite puce insérée sous la peau, qui pourrait changer la vie des millions de personnes ayant déjà des antécédents d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou à risque élevé. La puce implantée a pour mission la détection d’une fréquence cardiaque irrégulière, cette arythmie étant corrélée à un risque accru de nouvel AVC. L’implant ouvre ainsi la possibilité d’un traitement préventif ou plus précoce. Les premières données de cet essai clinique publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), valident l’efficacité de ce détecteur miniature d’AVC cryptogénique ou récurrent.

Le dispositif diagnostique est l’œuvre de chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) et de la Northwestern University Feinberg School of Medicine. L’objectif est ambitieux, pouvoir prévenir, grâce à une intervention plus précoce, une partie des 800.000 AVC qui surviennent, chaque année, aux États-Unis. D’autant que 25 % des AVC sont des récidives, ce qui suggère aussi que les personnes ayant subi un premier AVC doivent donc être considérées comme à risque élevé.

Les chercheurs se donc ainsi concentrés sur les moyens d’identifier parmi ces patients, ceux les plus à risque d’AVC récurrent : en majorité ce sont des patients souffrant de fibrillation auriculaire (FA) – une condition qui reste souvent non diagnostiquée. Pourtant, des battements cardiaques irréguliers peuvent provoquer une accumulation de sang dans le cœur, ce qui induit la formation de caillots pouvant atteindre le cerveau.

En résumé, le dispositif est conçu pour aider les médecins à détecter la fibrillation auriculaire chez les patients qui ont déjà subi un accident vasculaire cérébral cryptogénique, c’est-à-dire sans cause identifiée en dépit de tests approfondis.

Testée chez 492 patients participants à l’essai Stroke of Known Cause and Underlying Atrial Fibrillation (STROKE AF), suivis durant 12 mois, la puce a permis de détecter une FA chez plus de 12 % des patients vs 1,8 % détectés lors du suivi standard ; les épisodes de FA détectés chez ce groupe de patients n’étaient pas brefs, la plupart durant au moins 1 heure, un degré de fibrillation auriculaire qui doit inciter à prendre des anticoagulants pour prévenir le risque de futur AVC.

« Nous constatons que nous ne sommes capables d’identifier un certain nombre de patients atteints de FA qu’avec l’aide d’un moniteur implantable », explique l’auteur principal, le Docteur Richard A. Bernstein, professeur de neurologie à la Northwestern University Feinberg School of Medicine. Les prochaines étapes comprennent l’identification des facteurs liés directement au patient qui peuvent prédire le développement de la FA, sa durée et sa sévérité.

Source RT Flash