Le service d’hématologie du Centre hospitalier Lyon-Sud a soigné quatre personnes atteintes d’un lymphome avec une thérapie de Novartis basée sur la modification du système immunitaire du patient in vitro, une méthode thérapeutique qui pourrait transformer le modèle de prise en charge du cancer du sang. L’hôpital collaborera une nouvelle fois avec le laboratoire suisse en 2018 pour un essai de phase III.

Baptisé Kymriah, ce traitement mis au point par Novartis est le premier du genre conçu à partir de l’édition du génome (CAR-T). Déjà disponible aux Etats-Unis pour lutter contre la leucémie aiguë lymphoblastique, Il devrait arriver en Europe en 2018. Mais Novartis veut étendre le champ thérapeutique de ce traitement et le tester contre le lymphome diffus à grandes cellules B chez l’adulte. Dans ce cadre, le centre hospitalier Lyon-Sud a été sélectionné pour faire partie des 27 sites impliqués dans un essai de phase II. Cet hôpital est ainsi devenu le premier établissement français à soigner des patients atteints d’un cancer avec cette méthode thérapeutique innovante.

Durant cette étude incluant 130 patients, le Centre hospitalier Lyon-Sud « a pris en charge quatre patients de plus de 60 ans atteints d’un lymphome », rapporte à La Tribune Gilles Salles, chef du service d’hématologie. Le service de l’hématologue a prélevé les cellules T des patients, des défenses immunitaires appelées aussi lymphocytes T. Celles-ci ont été transférées dans un laboratoire en Allemagne, puis modifiées in vitro pour les aider à reconnaître l’antigène de la tumeur afin de l’attaquer. Ces lymphocytes T ont ensuite été renvoyés en France et injectés dans le corps du patient par transfusion sanguine.

Toujours dans le traitement du lymphome chez l’adulte, Lyon-Sud va commencer un nouvel essai clinique de phase 3 en 2018,  pour comparer les effets d’une autogreffe de cellules souches (venant du patient, NDLR) à la méthode des CAR-T. Selon les chercheurs impliqués dans ce projet, les CAR-T représentent « un nouveau modèle pour soigner les cancers du sang et peut-être bientôt les tumeurs solides ».

Les premiers résultats partiels de ces essais, publiés en juin, montrent que 45 % des 51 premiers patients traités pour un lymphome diffus à grandes cellules B ont répondu totalement ou partiellement au traitement en trois mois.

Source RT Flash