Une équipe de chercheurs français, parisiens et lillois, vient de réaliser une première mondiale. Ils ont pu faire une série d’observations inédites de l’anatomie d’embryons humains âgés de 6 à 14 semaines. « On a pu observer le développement des organes », explique le directeur de recherche Inserm Alain Chédotal. « On sait désormais comment les nerfs se mettent en place dans la main, sur les muscles. On sait aussi comment se développe le système nerveux périphérique (à l’extérieur du cerveau et de la moelle épinière) ».

« Nous avons réussi à distinguer les nerfs sensitifs (qui transmettent des signaux sensoriels vers le cerveau) des nerfs moteurs (qui sont reliés aux muscles), ce qui était alors impossible », explique Alain Chédotal. Autre découverte : la variabilité de l’arborescence nerveuse au niveau des mains. Le développement des nerfs principaux est conservé dans toutes les mains, mais celui des petites innervations périphériques est beaucoup plus aléatoire entre les mains gauche et droite et entre les individus. Enfin, dernier avantage souligné par les chercheurs : « Nous pouvons avoir une idée du rythme de prolifération cellulaire pour chaque organe en comptant les cellules fluorescentes aux différents âges embryonnaires ».

Jusqu’à aujourd’hui, aucune équipe de recherche n’avait réussi à faire ces observations. Les organes des embryons n’étaient représentés que par des dessins. Ce procédé appartient désormais au passé. « Dorénavant, on va pouvoir comprendre ce qui provoque des fausses couches ou bien quels sont les organes et les tissus touchés par une pathologie », continue Alain Chédotal. « Cela va considérablement faciliter le travail des chirurgiens qui doivent opérer les fœtus directement dans l’utérus. Ils ne disposaient pas de données de référence, ne savaient pas où étaient situés les nerfs et les vaisseaux sanguins, précisément. »

Lors du premier trimestre de gestation, c’est là que tout se développe. La plupart des pathologies ou des infections comme le virus Zika agissent aussi à ce moment. « Avec notre procédé, nous pourrons savoir quels organes et quels tissus ont été touchés, et mieux comprendre les pathologies du développement. D’ailleurs, nous allons bientôt travailler avec les hôpitaux parisiens pédiatriques Robert Debré et Necker, afin d’analyser les fœtus qui avaient des affections pour comprendre pourquoi tel organe a été endommagé. »

Source RT Flash